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Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour,
Vous terminez votre message en disant que si vous écrivez ici, « ce n’est pas anodin ». Je pense que vous avez raison de prendre au sérieux ce qui vous amène aujourd’hui à chercher un regard extérieur.
Ce qui m’interpelle particulièrement dans votre récit n’est pas seulement que vous et votre mari vous disputiez. Après 25 ans de vie commune, les conflits, les périodes difficiles ou les désaccords peuvent évidemment exister. Ce que vous décrivez va au-delà : vous dites avoir peur de ses réactions, surveiller son humeur, vous taire pour éviter ses crises, chercher à quitter la pièce lorsqu’elles commencent, ne plus parvenir à lui dire certaines choses parce que vous savez qu’elles se retourneront contre vous, et vous sentir davantage en sécurité lorsqu’il n’est pas là.
Ce sont des éléments importants.
Vous semblez d’ailleurs avoir déjà mis en place beaucoup de stratégies pour tenter d’apaiser la situation : différer une discussion lorsque vous êtes énervée, demander à reprendre les choses le lendemain, quitter une situation qui s’envenime, lui rappeler que sa détresse lui appartient et qu’elle ne l’autorise pas à la déverser sur vous. Pourtant, malgré vos précautions, vous nous dites que les crises continuent et deviennent même plus fréquentes.
Votre pseudo me laisse penser qu’une question que vous vous posez régulièrement est : « comment pourrais-je mieux m’y prendre pour éviter ses crises ? »
Cependant la question que je vous invite à vous poser plutôt serait : avez-vous réellement le pouvoir de les éviter ?Vous évoquez également ses menaces autour de ses médicaments et le fait qu’il vous fasse comprendre que, s’il vous perd, « il est fini ». Sa détresse peut être parfaitement réelle. Mais sa souffrance ne vous rend pas responsable de ce qu’il décide de faire de sa santé ou de sa vie. Si un jour il menace concrètement de se suicider ou si vous pensez qu’il existe un danger immédiat, cela relève de professionnels et des services d’urgence ; vous n’avez pas à assurer seule sa sécurité en restant avec lui ou en cédant à ses demandes.
Un autre passage mérite, à mon sens, d’être pris très au sérieux : vous racontez que lors d’une précédente dispute, alors que vous vouliez quitter la pièce pour éviter que la situation dégénère, il vous a retenue par votre tee-shirt au point de le déchirer. Empêcher physiquement quelqu’un de s’éloigner lorsqu’il souhaite mettre fin à une confrontation constitue un franchissement de limite important. Vous avez le droit de quitter une pièce, de mettre fin à une discussion et de refuser un rapprochement sexuel, y compris avec votre mari.
Vous vous demandez finalement si ce n’est pas vous qui « avez un problème » ou qui dramatisez. Je ne peux évidemment connaître votre relation entière à travers un message. En revanche, je peux vous dire que le sentiment d’insécurité que vous décrivez mérite d’être cru et exploré, plutôt que relativisé.
Vous dites également avoir envisagé le divorce mais avoir peur de sa réaction si vous preniez cette décision. Je vous conseillerais de ne pas rester seule avec cette réflexion et, surtout, de ne pas faire dépendre votre sécurité de sa capacité à accepter ou non une éventuelle séparation. Avant même de décider si vous souhaitez partir, vous pouvez vous rapprocher confidentiellement d’un professionnel ou d’une association spécialisée dans les violences conjugales afin de faire le point sur votre situation et de réfléchir à ce qui pourrait vous protéger si vous décidiez un jour de vous séparer.
Vous n’avez pas besoin de prendre aujourd’hui une décision sur vos 25 années de mariage. Vous pouvez commencer beaucoup plus simplement par prendre au sérieux cette phrase que vous avez écrite : « Je ne me sens plus en sécurité. »
Elle me semble suffisamment importante pour ne pas rester seule avec elle.
Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Anonyme,
Merci d’avoir pris le temps de raconter ce que vous avez vécu. Je voudrais commencer par un point qui me semble essentiel dans votre message : vous n’avez pas besoin d’avoir prononcé le mot « non » pour qu’un geste sexuel soit non consenti.
Vous étiez endormie et sous l’effet d’une substance lorsque ce garçon a commencé à vous toucher sexuellement. Vous n’étiez donc pas en situation de lui donner votre accord à ce moment-là. Lorsque vous avez repris suffisamment conscience de ce qui se passait, vous avez repoussé sa main et il s’est arrêté. Le fait qu’il se soit arrêté à ce moment-là ne rend pas pour autant légitimes les gestes qu’il avait déjà effectués pendant votre sommeil.
Le fait d’avoir accepté une relation sexuelle avec lui auparavant ne constitue pas davantage un consentement pour les fois suivantes. Consentir une fois ne signifie jamais consentir à l’avance à d’autres actes sexuels.
Et surtout, rien de ce que vous énumérez ne vous rend responsable de ce geste : avoir accepté qu’il vienne chez vous, avoir couché avec lui le premier soir, avoir consommé un produit ou avoir porté un short pour dormir. Aucune tenue, aucune consommation de substance et aucune relation sexuelle antérieure ne donnent à quelqu’un l’autorisation de toucher sexuellement une personne endormie.
Vous vous demandez si vous êtes « légitime » à parler d’agression. Au regard de ce que vous décrivez, il est tout à fait légitime de considérer que vous avez subi un acte sexuel sans votre consentement. La qualification juridique précise dépend du droit applicable et des circonstances et, si vous souhaitez l’explorer, un professionnel ou une association spécialisée pourra vous renseigner. Mais vous n’avez pas besoin d’obtenir une qualification juridique pour reconnaître que votre limite a été franchie et que cet événement vous a fait du mal.
Il y a également une autre culpabilité dans votre récit : celle que vous avez ressentie lorsqu’il vous a dit être tombé en dépression, avoir perdu du poids et prendre un traitement « à cause de vous ». Qu’il ait réellement traversé ces difficultés ou non, vous n’êtes pas responsable de son état psychologique parce que vous avez décidé de mettre fin à une relation ou parce que vous lui avez dit que son comportement vous avait fait du mal. Sa souffrance éventuelle n’annule pas la vôtre et ne transforme pas les responsabilités.
Enfin, votre réaction lorsque vous l’avez revu mérite d’être entendue. Vous décrivez votre corps qui se fige, les tremblements, les nausées, le cœur qui s’accélère, les pleurs, puis le souvenir très précis de votre chambre et de ce qui s’y est passé. Revoir quelqu’un associé à un événement vécu comme menaçant ou traumatique peut réactiver très brutalement les émotions et sensations liées à cet événement. Cela ne signifie pas que tous les efforts que vous avez faits pendant cette année ont disparu. Une réactivation n’est pas un retour à zéro.
Votre copain semble aujourd’hui être un soutien important pour vous, et c’est précieux. Mais ce que vous racontez continue manifestement à vous faire souffrir. Si ces souvenirs, les réactions physiques ou la culpabilité restent très présents, vous pourriez aussi envisager d’en parler avec un psychologue ou une structure spécialisée dans les violences sexuelles. Vous n’avez pas à attendre que cela devienne « suffisamment grave », ni à être certaine du mot à employer, pour demander de l’aide.
Et peut-être pouvez-vous commencer par garder cette idée : vous pouvez regretter certaines décisions prises à 16 ans sans être responsable de ce qu’une autre personne a décidé de faire de votre corps pendant que vous dormiez.
Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Sandy,
comment allez-vous ? Avez-vous pu mettre en place certains changements dans votre situation ?
Avec tout mon soutien,
VeniseVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour Rim,
Tu dois te sentir prise au piège dans cette situation. Je te trouve très courageuse de regarder la situation avec autant de clarté et de prendre les choses en main pour ne pas restée coincée dans cette situation violente.
Je t’invite à te rapprocher du CIDFF de ton département (Centre d’Information au Droit des Femmes et des Familles). Tu auras accès à une aide juridique pour t’informer sur tes droits et les solutions qui peuvent exister pour t’aider à te sortir de cette situation. Certains CIDFF propose même un accompagnement pour trouver du travail et ainsi retrouver une indépendance financière.
Je te mets ici le lien vers le répertoire des CIDFF pour que tu puisses trouver celui qui est le plus proche de chez toi.
https://fncidff.info/trouver-mon-cidff/
Tu peux aussi appeler le 115 pour voir quelles sont tes solutions de relogement dans cette situation de violences conjugales. Il y a des chances qu’il faille insister.
Ne te décourage pas, ne le laisse pas épuiser ton énergie. Des solutions existent mais c’est parfois difficile d’y avoir accès rapidement.
Je t’envoie mon soutien, n’hésite pas nous contacter en message privé si tu as besoin.Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Clémentine,
Je suis sincèrement désolée que vous ayez vécu cela. C’est effectivement très maltraitant, et venant de la part d’une professionnelle de santé, cela a dû être d’autant plus violent à vivre.
Chercher une nouvelle psychiatre semble effectivement la meilleure démarche à faire. Selon l’endroit où vous vivez, vous avez peut-être une maison des femmes à proximité de chez vous. Ce sont des structures rattachées à des hôpitaux et qui accompagnent les femmes victimes de violences. Vous vous assurez ainsi d’avoir affaire à des professionnelles sensibilisées à ces questions, et qui pourront vous accompagner gratuitement.
Autrement vous pouvez vous rapprocher d’une association « France Victime », il en existe dans chaque département, et elles sauront sans doute vous rediriger vers des médecins avec lesquels elles ont l’habitude de travailler.
Je vous envoie tout mon soutien, être correctement accompagnée est absolument indispensable, ne perdez pas plus de temps avec cette psychiatre hautement problématique.Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Papillon,
J’ai tardé à vous répondre, j’espère que vous avez pu trouver le soutien dont vous aviez besoin auprès de votre psychologue.
Ces excuses dont vous parlez sont caractéristiques de la mécanique des violences conjugales.
Est ce que c’est possible de changer ? Bien sûr ! Mais cela ne prend pas 15 jours. Oui vous aurez envie d’y croire, lui même a probablement envie d’y croire, mais changer ça veut dire qu’il doit être capable de reconnaître ses responsabilités, qu’il doit avoir appris à reconnaître ses émotions et à les gérer, qu’il doit avoir appris des stratégies compensatrices, qu’il doit considérer que votre sécurité et votre respect prime avant tout (et prime même sur son envie d’être avec vous). Quelqu’un qui est dans ce chemin, c’est quelqu’un qui accepte que vous partiez. S’il vous aime et qu’il est dans un chemin de changement, alors il comprendra que les limites ont été dépassées et n’essaiera même pas de vous récupérer car il vous respectera et respectera votre besoin de vous mettre en sécurité.
Quand bien même il changerait, vous ne serez pas celle qui bénéficiera de ce changement. Peut être que tout cela a été un électrochoc, ce sont des choses qui arrivent, mais à ce moment là il n’essaierait même pas de vous récupérer car il aurait pris conscience de la gravité de ces comportements.
Oser dire qu’on a changé après 15 jours, c’est mentir à l’autre, et se mentir à soi-même.
Je comprends que vous ayez envie d’y croire, ce serait tellement plus simple, plus beau, comme histoire.
Si vous souhaitez quand même essayer, je vous conseillerais ceci : ne vous engagez pas trop dans la relation (ce n’est pas du tout le moment d’acheter une maison ensemble, de prendre un animal avec lui, d’emménager avec lui ou de faire un enfant). Attendez de voir : il vous dit qu’il veut changer, OK, attendez le changement et au moindre signal d’alerte, prenez la tangente, vous aurez eu la preuve qu’il n’a pas changé (ou pas suffisamment) et que vous en ferez les frais.
Restez bien entourée, de copines à qui vous pourrez parler de la relation. S’il ne veut pas que vous parliez de ce qu’il se passe entre vous, c’est qu’il n’est pas prêt à assumer ses responsabilités, et donc qu’il ne changera pas.
Et surtout, n’étouffez pas votre instinct, votre alarme interne. Si vous avez peur de ses réactions, alors rien de bon ne sortira de cette relation.
Je vous envoie tout mon soutien, gardez la tête froide et n’hésitez pas à partir. N’attendez pas que ça soit encore plus compliqué de le quitter.27 février 2026 à 11h46 en réponse à : Suis je dans une violence conjugale et familiale #14006 RépondreVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour mesdames,
Merci pour votre participation sur ce forum. Caro14, il est très clair dans ta réponse que tu souhaites apporter ton soutien à Lola et c’est très précieux comme démarche. Ton message montre une vraie empathie et une forte sensibilité à la souffrance de Lola, et ça compte énormément ici. Toutefois je me permets d’intervenir pour rappeler à tout le monde une règle d’utilisation du forum : nous demandons à ce qu’il n’y ait pas de conseils qui soient donnés si ceux-ci ne sont pas explicitement demandés. Cette règle est là pour assurer à chacune un espace de parole sans jugement. Même si ton intention n’est certainement pas de juger, et on le comprend bien en te lisant que tu as vraiment envie de montrer ton soutien à Lola, cependant la démarche de donner un conseil cela peut être reçu par la personne en face comme une manière de dire « moi il m’a suffit de 3mn pour saisir toute la situation dans laquelle tu te trouves et je te dis ce que tu as à faire ». Ce n’est évidemment pas ton intention, mais c’est ce qui en restera à Lola qui a d’abord besoin d’être comprise et soutenu dans sa parole.
Si tu es sur ce forum, c’est que tu es sûrement bien placée pour savoir combien les situations de violences conjugales peuvent être complexes et confuses pour les victimes. A la place d’un conseil, je t’invite plutôt à lui partager ta propre expérience de la violence conjugale : pourquoi cela a raisonné particulièrement chez toi ? As-tu vécu des choses similaires ? comment toi tu as pu comprendre qu’il s’agissait de violences conjugales dans ta situation ? Combien de temps ça t’a pris de t’en rendre compte ? Est ce qu’il t’arrive parfois encore d’en douter ? Toutes ces réponses seront beaucoup plus précieuses à Lola pour se sentir entendue, comprise et entrevoir qu’il est possible de se sortir de ce genre de situation. De cette manière tu lui apporteras tout le soutien que tu souhaites lui offrir 🙂
Lola pourra ainsi s’inspirer de ton expérience pour décider de ce qu’elle veut faire dans sa situation.
Serais-tu d’accord pour réessayer ?
Ta voix a toute sa place ici, et j’espère que tu continueras à participer aux échanges. Ta sensibilité est précieuse !20 février 2026 à 16h17 en réponse à : Itt de 3jours sur mon fils de 4ans suite aux violences de son père. #14000 RépondreVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour Sam,
Je suis désolée que tu n’aies pas encore reçu de témoignages d’autres personnes dans des situations semblables à la tienne.
Il semblerait que tu aies fait toutes les démarches qui sont en ton pouvoir de réaliser. Tu protèges ton enfant de la meilleure des façons possible.
Courage face à tout cela, je sais combien ces démarches peuvent être éprouvantes.
Tu peux nous tenir informée si tu le souhaites, ce témoignage pourra peut être aider d’autres femmes qui hésitent à porter plainte !
Tout notre soutien !20 février 2026 à 16h06 en réponse à : Rupture douloureuse et dépendance affective activée #13999 RépondreVenise Psy’Script
Maître des clésJ’aimerais apporter un éclairage psychologique sur ce que tu nous écris dans ce paragraphe :
« Un jour on organise un grand barcecue pour feter notre chez nous , tout se passe mieux, les deux familles réunis etc mais elle m’annonce q3 jours plus tard que son beau père , présent au barbecue et que j’avais rencontré auparavant , l’avait violé étant jeune .. le choc j’en revenais pas vu que l’ambiance était bonne de base ( discussions , apéros, jeux etc )
Je crois que j’arrivai pas à comprendre comment elle pouvait s’entendre bien avec son violeur .. »Je comprends que cela ait pu être déstabilisant : Apprendre après coup qu’une personne présente à un moment familial “normal”, chaleureux même, aurait été l’auteur d’un viol, c’est un choc. Ton cerveau cherche une cohérence : “Comment est-ce possible que l’ambiance soit détendue si quelque chose d’aussi grave a eu lieu ?” , « Comment peut-elle encore être en lien avec son violeur ? »
Mais il y a plusieurs choses importantes à comprendre.
D’abord, dans les situations d’abus intrafamiliaux, il est malheureusement fréquent que la victime continue à voir ou côtoyer l’agresseur. Les mécanismes sont complexes : loyauté familiale, déni, pression du système familial, dépendance financière, peur de ne pas être crue, dissociation, banalisation… Le fait qu’elle puisse “avoir l’air normale” avec lui ne prouve ni que c’est faux, ni que c’est vrai. Les victimes peuvent développer des stratégies de survie très déroutantes pour l’extérieur. De même, sa sœur ne peut pas savoir si cela est vrai ou non. Le fait qu’elle dise que c’est faux ne veut pas dire que la victime présumée a menti, cela peut être également le reflet que sa famille refuse de la croire parce que le déni les protège de la culpabilité que chaque membre de la famille pourrait ressentir à n’avoir pas su protéger leur fille/sœur. Les victimes sont rarement crues quand elles s’expriment, c’est pour cela qu’elles peuvent adopter des stratégies où, comme les autres membres de la famille, elles font comme si rien ne s’était passé. C’est une stratégie de protection.
Mais encore une fois, la question centrale te concernant n’est peut-être pas “est-ce vrai ou faux ?”, mais “est-ce que cette relation, avec toutes ses révélations et ses chaos, était soutenable pour toi ?”
Vu ton état actuel, la réponse semble être non.
Tu dois à présent prendre soin de toi et tu ne peux rien pour elle, et elle ne peut rien pour toi. C’est OK de se séparer parce qu’une relation est insoutenable, même si on s’aime.
Bon courage à toi,20 février 2026 à 15h48 en réponse à : Rupture douloureuse et dépendance affective activée #13998 RépondreVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour,
Déjà, merci d’avoir pris le temps d’écrire tout ça. On sent à quel point tu es épuisé, perdu et en souffrance. Ce que tu décris ressemble à une succession de montagnes russes émotionnelles extrêmement intenses : amour fort, peur de l’abandon, crise, rapprochement, rejet, espoir, effondrement… Ce type de dynamique peut vraiment fragiliser le système nerveux, surtout quand on est déjà sous pression (perte d’emploi, précarité, deuil, problèmes de santé).
Il y a plusieurs choses importantes dans ton récit.
D’abord, la tentative de suicide, les allers-retours, les déclarations d’amour suivies de rupture, les situations d’urgence répétées (panne, peur, besoin d’aide, argent…), puis le blocage total : ce sont des comportements qui peuvent créer une dépendance affective très forte chez la personne en face. On finit par vivre dans l’attente, l’angoisse, l’espoir que “ça redevienne comme avant”. Ce n’est pas un signe que tu es faible, c’est une réaction humaine à une relation instable.
Ensuite, qu’elle ait menti à propos de son beau-père ou pas, que l’histoire soit vraie ou non, aujourd’hui la question principale n’est peut-être pas “qu’est-ce qui est vrai ?” ou « est ce que cette personne a abusé de moi ? » mais plutôt : qu’est-ce que cette relation m’a fait à moi ?
Perte d’économies, perte d’emploi, crises d’angoisse, AIT, effondrement psychique… Ton corps et ta tête semblent dire stop.Le besoin que tu as de “clôturer proprement” est très compréhensible. Mais parfois, la clôture ne vient pas de l’autre. Elle vient du fait d’accepter qu’on n’aura pas toutes les réponses. Et que continuer à chercher via sa mère, sa sœur, ses amis, entretient le lien et donc la souffrance.
Concernant l’argent : 2250€ est une somme importante. Si tu envisages une plainte, il faudrait en parler avec un avocat ou une permanence juridique gratuite pour savoir si c’est réaliste juridiquement (preuve de prêt, messages, virements identifiables, etc.). Mais attention : ne pas faire une démarche juste pour maintenir un lien indirect avec elle.
L’urgence, là, c’est toi. Papillon a raison quand elle te dit que tu as besoin d’aide. Tu as fait un AIT. Tu décris des crises d’angoisse importantes et obsessionnelles. Tu parles de perte de repères et d’effondrement.
Ce sont des signaux forts. Est-ce que tu es accompagné actuellement par un médecin ou un psy ? Si ce n’est pas le cas, ce serait vraiment prioritaire. Pas pour “analyser la relation” et définir à qui sont les fautes, mais pour stabiliser ton anxiété et ton état physique et t’aider à avancer.
Mais ça demande de couper le stimulus (donc le contact) et de te recentrer sur ta reconstruction en acceptant que tu n’auras pas toutes les réponses.Voici quelques pistes concrètes pour t’aider :
* D’abord, stopper les tentatives de contact indirect, ça rouvre la blessure à chaque fois et ça te met dans l’attente, ce qui renforce l’obsession
* Te faire accompagner médicalement et psychologiquement pour l’angoisse
* Revenir à des bases très simples : sommeil, alimentation, activité physique douce : cela permet de calmer le système nerveux et de se recentrer sur le corps plutôt que de ruminer des pensées obsédantes
* Te demander : “Si elle ne revenait jamais, qu’est-ce que je devrais mettre en place pour survivre et aller mieux ?” et commencer ça dès maintenant !Qu’elle revienne ou non, la priorité reste la même : ta santé. Tu ne peux pas lui déléguer la responsabilité de faire en sorte que tu ailles mieux. Ta santé et ton mieux être doivent rester sous ta responsabilité.
Et une dernière chose importante : le fait qu’une personne ait un passé traumatique (réel ou non) n’oblige pas son partenaire à s’effondrer avec elle. On peut aimer quelqu’un et ne pas être capable de supporter la dynamique que ça crée.
Tu n’es pas “une merde”. Tu es quelqu’un qui s’est investi affectivement et financièrement dans une relation très instable, et ton système nerveux est à bout.
Maintenant, il faut te protéger et prendre soin de toi. Démêler le vrai du faux ne t’aidera pas.
Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour,
Je suis sûre que beaucoup de femmes se retrouvent dans ton récit et j’espère que tu obtiendras les témoignages que tu espères. La vie d’un forum fait que parfois, il faut du temps avant que des femmes voient ton message et n’y répondent.
En attendant, je souhaitais te faire une réponse qui, certes, ne sera pas un témoignage comme attendu, mais qui t’apportera du soutien dans les changements que tu souhaites engager pour toi et pour tes enfants.
Je perçois bien, dans ton message, que tu es à bout et que tu aimerais que les choses changent. Je perçois également que tu ne t’attends plus à ce que lui change, et pour cela je souhaite déjà te féliciter. En effet, la désillusion est la première marche vers l’action. Croire qu’il changera, c’est se maintenir dans une forme d’attente que les changements dont tu as besoin, viendrons de quelqu’un d’autre que toi. Tu es sortie de cette croyance et tu mesures la charge que cela va représenter de le quitter, d’autant plus qu’il ne facilite en rien l’affaire en étant dans le déni quand tu lui exprimes ton souhait de divorcer.
Si tu ne peux attendre de lui qu’il t’aide dans cette décision, cela ne veut pas dire que tu seras seule pour l’assumer. Un divorce unilatéral est possible en France, tu devras sans doute passer par un.e avocat.e spécialisé.e en droit de la famille pour cela. Tu peux prendre attache avec le CIDFF de ton département qui sauront sûrement t’informer et t’orienter sur ces démarches.
Tu peux également te faire accompagner pour tenir le coup psychologiquement. En effet, ces démarches sont épuisantes, tu rencontres certains blocages à les engager, un.e psychologue peut t’aider à lever ce type de blocage et à te sentir soutenue et moins seule dans le parcours que tu entreprends.
Garde en tête que gravir une montagne, ça se fait un pas après l’autre.
Ta première étape c’est déjà de prendre des renseignements. Cela n’implique aucune décision pour le moment, simplement cela t’aidera à lever les blocages qui sont liés à la peur de l’inconnu, la peur du grand plongeon. Prends contact avec ton CIDFF, expose ta situation et demande les informations. Tu peux également prendre contact avec ta banque si vous avez un prêt pour votre maison, pour demander quelles sont les possibilités qui existent pour mettre en suspens les paiements des traites en cas de divorce contentieux.
Si tu as des difficultés à avoir accès à tes finances (salaire versé sur un compte commun par exemple), il existe également des banques comme le crédit mutuel, qui ont une offre spécialement conçue pour les femmes victimes de violences conjugales (comme les violences psychologiques ou économiques par exemple) pour te permettre d’avoir facilement et discrètement un compte bancaire qui te permettra de faciliter l’organisation de ton départ. Ils ont un service spécial avec des personnes formées pour pouvoir te guider au mieux.
Aujourd’hui, cette séparation te paraît impossible, et c’est normal. C’est la peur qui te fige. Quand on est dans cet état, il faut se remettre en mouvement, un pas après l’autre. La première chose à faire c’est de trouver de l’information pour avoir moins peur. Bien sûr le chemin sera long et difficile, mais il n’est pas impossible ! De nombreuses femmes l’ont entrepris, et sont soulagées de l’avoir fait. J’espère que tu as un entourage qui peut te soutenir et t’encourager dans tes démarches. N’hésite pas à demander de l’aide !
Avec tout mon soutient,
VeniseVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour Fleur,
dans ton message je perçois beaucoup de culpabilité, de doute, de confusion entre ce qui t’appartient et ce qui est de sa responsabilité dans votre situation actuelle.
Ce qu’on peut percevoir également dans tes mots c’est que cette relation n’a plus l’air de te convenir depuis des années déjà. Tu te demandes si c’est normal de vivre cela dans ta relation mais tu te demandes moins si ça te convient de vivre cela dans ta relation. Comme si cette question là n’était pas vraiment légitime. Comme si ton avis/ton ressenti n’avait pas sa place.
On observe le même mouvement concernant ta maladie chronique : il ne te croit pas, et tu as du mal à considérer que tu es la mieux placée pour savoir ce qu’il t’arrive dans ton corps et dans ta tête. Comme si SON avis avait plus valeur de vérité que ce que tu vis dans ton corps.
Cet exemple te montre combien la culpabilité a pris le dessus et guide tes comportements dans la relation : quand on se sent coupable, on se sent obligé de se justifier. Et quand on se justifie, on a besoin que l’autre nous croit sinon c’est qu’on est toujours coupable à ses yeux. C’est par ce processus là que tu es arrivée au point où tu cherches d’avantage à être cru sur tes maladies, plutôt qu’à prendre soin de toi et de ta santé.
Un autre exemple : tu écris » je procrastine souvent je suis dans la lune…je suis paumée souvent. J’en ai parler a mon doc elle pense a un TDAH… » Quand tu écris cela, on comprend la difficulté et le mal être dans lequel tu sembles te trouver dû à un fonctionnement que tu repères depuis l’adolescence. Ta docteur explore la piste que cela puisse être en partie causé par un TDAH. C’est une piste intéressante ! Être diagnostiquée TDAH pourrait te permettre de mieux te comprendre, de mieux comprendre ton fonctionnement et d’obtenir de l’aide de professionnel.le.s de santé pour mieux vivre avec un tel trouble (Comme par exemple t’aider à pouvoir mieux t’organiser, à prendre des décisions, à réguler tes émotions pour être moins anxieuse). Mais plutôt que de percevoir la piste de soin intéressante pour toi, tu écris ceci « Mais de toute façon même déclarée sa changerais rien il crois pas a tout sa » . Cela montre que le fait qu’il te croit est devenu plus important que le fait de te soigner et d’obtenir une meilleure qualité de vie. C’est peut être parce que tu as encore l’espoir de trouver un jour le bon argument pour qu’il « t’excuse » d’être comme tu es, qu’il se montre plus compréhensif, et donc moins violent. Mais tu n’es pas fautive ! Même si certaines de tes façons d’être ne lui plaise pas, tu n’agis pas délibérément pour lui faire du mal ou lui causer du tort. La seule personne fautive c’est lui car il use de violences verbales et psychologiques qui elles ont pour but de te causer du tort (perte d’estime de soi, perte de confiance en soi, anxiété, sentiment d’impuissance…)
Plutôt que de chercher des excuses ou des justifications à des fautes que tu n’as pas commise, ou de vouloir prendre soin de lui pour qu’il prenne soin de toi en retour, conserve ton énergie et commence à prendre en compte ton avis, tes besoins et mets ta santé au cœur de tes préoccupations ! Tu es la personne la plus importante de ta vie : prendre soin de toi est une priorité et tu ne dois déléguer cela à personne. Tu es la seule personne à pouvoir décider d’œuvrer pour ton mieux-être. De même qu’il est le seul à pouvoir œuvrer pour son mieux être, tes bons soins ne feront que retarder cette prise de conscience qu’il doit agir pour lui-même et ne pas attendre de toi que tu changes ou que tu agisses de telle ou telle manière pour qu’il puisse enfin être heureux.
J’espère que j’aurais pu t’aider à y voir un peu plus clair.
N’hésite pas à aller chercher de l’aide de professionnel.le.s (psychologue ou psychiatre) pour t’accompagner dans ce chemin.Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour MM,
Tu es parfaitement légitime à parler ici, sur ce forum. Ce que tu décris c’est un sentiment de peur et d’insécurité au quotidien. Tu décris une hypervigilance quand tu sors dans la rue, une peur et un mal-être qui te suivent chaque jour. Je crois pouvoir dire que beaucoup des femmes qui écrivent sur ce forum savent exactement de quoi tu parles. Nous ne faisons pas un concours à celle qui vivra les situations les plus graves, nous voulons surtout créer un espace de bienveillance, de sécurité, où chacune peut déposer ce qui rend son quotidien insupportable et peut-être trouver des solutions pour en sortir. Je tiens déjà à te féliciter de t’être choisie toi, ce n’était pas une erreur mais bien un acte de courage de ne pas t’être mise de côté pour tenter de « sauver » ton ex de ses troubles psychiatriques réels ou supposés. En effet, être borderline peut générer des difficultés à réguler ses émotions, mais cela n’excuse en rien la violence. C’est sa responsabilité à elle de se faire soigner, et non pas à toi de supporter les conséquences d’un trouble psychiatrique non pris en charge.Comment s’est passée ta rencontre avec elle il y a 3 jours ? Avais-tu l’impression qu’elle te cherchait ou bien cette rencontre était complètement fortuite ? Comment a-t-elle réagi en te voyant ? Est-ce que tu te sens en danger ou bien c’est l’idée de la savoir près de toi qui est insupportable ?
Ce que tu exprimes c’est de la peur. La peur est une émotion qui intervient lorsqu’on est face à un danger immédiat : elle prépare le corps à réagir face au danger (accélération du cœur, montée d’adrénaline…). Il est important de pouvoir identifier la nature « réelle » du danger ressenti pour savoir comment travailler sur la peur que tu ressens. Si tu perçois un danger réel pour ton intégrité physique, alors il faut d’abord et avant tout te protéger. En revanche si tu penses qu’elle ne te fera rien si tu la croises mais que tu es terrifiée à l’idée de la croiser parce qu’elle t’a fait beaucoup souffrir, alors la nature du travail à faire est différente mais tout aussi importante. Cela relève d’avantage d’un besoin de retrouver confiance en toi pour trouver les ressources internes pour que tu te sentes à nouveau en sécurité.
Quelles que soient les réponses à ces questions, l’expression de ta peur est légitime car cela à des conséquences très lourdes sur ta qualité de vie et ta santé. Personne ne devrait vivre de l’insécurité au quotidien.Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Sandy,
ce que tu décris est très grave. Je perçois tes allers-retours, la difficulté à te croire ou à estimer que ton bien-être et ta sécurité sont ce qu’il y a de plus important, au delà même de l’espoir d’une vie meilleure, il faut avoir le courage de regarder le présent, de regarder où tu en es aujourd’hui et la vie que cette situation te fait mener.
Si tu prends le temps de regarder la situation dans son ensemble, tu verras que les choses ne sont allées qu’en s’empirant. Les accalmies font partie du mouvement global de la violence conjugale, si c’était l’enfer tout le temps tu serais partie depuis longtemps. C’est pourquoi il est indispensable de regarder la situation au global, et de ce que j’en lis, les violences sont de plus en plus graves. Je sais combien le parcours de sortie des violences peut sembler impossible ou effrayant, mais tu n’es pas obligée d’être seule pour vivre ça. Nous pouvons t’accompagner à retrouver ta force et ta détermination : celle de vivre pleinement, sans devoir être sur tes gardes en permanence.
Contacte nous en message privé si tu souhaites entamer ce chemin ou au moins qu’on discute pleinement de ta situation pour voir ce qu’il est possible de faire.
Plein de soutien pour toi et tes fils.Venise Psy’Script
Maître des clésBonjour Naomie,
c’est déjà un grand pas de venir en parler ici. Nous ne te connaissons pas et ne connaissons pas ton mari, mais en revanche nous connaissons bien la violence conjugale et beaucoup des femmes qui publient ici peuvent en témoigner. Ce que tu vis rentre dans le champ des violences psychologiques et des violences sexuelles. Tu dis que tu n’es pas prête de le quitter. Est ce qu’il y a quelque chose que tu as déjà entrepris qui a permis d’améliorer la situation ? Penses-tu qu’il y ait une possibilité pour que les choses changent ?
Je te pose ces questions parce que souvent, dans les situations de violences conjugales, les choses vont de mal en pis. Plus la victime essaye d’arranger les choses, plus les violences s’accentuent. Même s’il y a des accalmies de manière cyclique et peut-être même des beaux moments, lorsqu’on regarde la situation dans son ensemble, en prenant du recul, on se rend compte que la situation ne fait que s’aggraver, que la personne qui est victime perd de plus en plus confiance en elle et que la personne qui agresse est de plus en plus violente dans ses actes et ses propos.As-tu déjà essayé de parler de séparation avec lui ? Si oui, comment réagit-il ?
Si je te pose cette question, c’est parce que souvent, lorsque l’agresseur sent que la victime lui échappe ou pourrait lui échapper, il peut tenter de resserrer son emprise soit en utilisant un discours de réparation (je vais me faire soigner, je vais changer), soit en augmentant les violences par des menaces (« tu ne verras plus tes enfants », ou bien « je vais t’en faire voir de toutes les couleurs », « personne ne te croira, tu passeras pour une folle et on te retirera tes enfants ») ou des actes.
Est-ce que tu as des ami.e.s à toi ? de la famille ? En as-tu déjà parlé avec quelqu’un ? et comment cette personne a réagi ?
L’isolement est quelque chose de très fréquent dans ces situations. Avec le temps, la personne victime à l’impression de n’avoir plus personne autour d’elle avec qui elle pourrait parler de ce qu’elle vit. Est ce que ça te parle ?
Tu dis que tu n’es pas prête de le quitter en rapport avec vos enfants, peux tu préciser pourquoi ?
On t’envoie tout notre soutien en attendant !! -
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