Passer au contenu principal

Psy Script

Accueil Forums Général Agressions sexuelles

  • Ce sujet est vide.
5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Auteur
    Messages
  • #14078 Répondre
    Stephanie
    Invité

    Bonjour,
    Je vois un homme depuis 4 ans. Je suis en couple de mon côté mais ça ne se passe pas bien et je ne peux pas partir pour le moment.
    Avec cet homme on est très attachés, on sort, on se parle tous les jours et on se voit deux à trois fois par semaine.
    Il y a trois ans, j’étais enceinte de ma fille. J’avais eu des saignements et passé la journée aux urgences. J’ai prévenu mon ami que je voulais bien passer la soirée avec lui mais qu’il se passerait rien car j’avais peur pour mon bébé.
    On a mis un film et il a commencé à me toucher, pour lui faire comprendre que je ne voulais pas je me suis tournée et il a continué. Je me suis alors mise sur le ventre. Il a baissé mes vêtements et s’est frotté sur moi. Il a éjaculé sur mes fesses. J’ai eu très peur pour mon bébé et ça m’a rappelé beaucoup de choses vécues lors d’un viol un an auparavant et il était bien au courant de ce traumatisme.

    On ‘e s’est pas vus pendant trois mois et finalement j’ai pardonné. On a continué à se voir.
    L’an dernier il a rencontré une fille et s’est mis en couple avec. Je l’ai mal vécu. Il a tenu deux semaines et m’a finalement sauté dessus en disant qu’il n’est qu’un homme. Puis finalement il s’est séparé six mois après.
    Par la suite, il a commencé à avoir beaucoup de demandes insistantes sur certaines pratiques sexuelles, dont la sodomie et il savait que ça me faisait très peur par rapport au viol que j’avais vécu. Il insistait plusieurs fois à chaque rapport. Je lui disais non, que j’avais peur. Je lui ai même dit d’arrêter d’insister. Mais il a continué. Puis il y a quelques mois il a une collègue qui lui a présenté une copine. Il arrêtait pas de me dire qu’il allait la rencontrer. J’étais pas bien. Il m’en parlait comme si de rien était. J’ai eu le droit à des choses tellement maladroites comme un « tu vas faire comment après ? » Pendant nos moments intimes. Sous entendu quand il sera en couple.
    J’étais très mal. J’avais peur de le perdre. Et du coup j’ai fini par céder sur la sodomie. Il a été doux et ça je n’ai rien à redire. Après ça il a voulu le refaire à chaque rapport ce qui me saoulait un peu car c’est douloureux et surtout pas mon truc. Lors de notre dernier rapport il m’a dit « ce soir je jouis dans ton cul » il savait déjà que je ne voulais pas. Mais je lui ai répété non. Il a insisté et j’ai à nouveau dit non. Il l’a fait quand même. Il a dit que ça lui réussissait pas de penser à lui avant. Il s’est excusé. Puis m’a dit, de toute façon ce soir j’avais pas envie mais tu as fait ce qu’il fallait pour me donner envie et je suis qu’un homme.
    Je suis partie. Le lendemain il m’a dit qu’il avait agit comme ça parce qu’il était préoccupé par une discussion qu’il voulait avoir avec moi depuis plusieurs mois. À savoir qu’il voulait rencontrer quelqu’un pour du sérieux. Ce que je savais puisqu’il m’en parlait tout le temps et même pendant nos moments intimes. Il devait même pas revoir le lendemain mais ça ne l’a pas empêché de me proposer de continuer à nous voir, rapports sexuels compris. Il m’a aussi ajouté qu’il ne voulait pas que je me sente utilisée…
    Une semaine plus tard il a insisté pour qu’on se voit pour parler. J’étais en pleurs et je tremblais. Je n’arrivais pas à lui dire ce que je ressentais par rapport à ce qu’il avait fait. Je lui ai dit que j’avais vu mon médecin qui m’avait demandé si je voulais porter plainte pour viol. Il a ouvert grand les yeux et m’a dit que ça devait être son côté sombre mais qu’il voulait vraiment pas me faire de mal. Qu’il n’avait pas entendu mon non.
    Ensuite il m’a dit que même si ce n’était pas le moment il voulait me dire quelque chose. Qu’il allait bientôt concretiser avec la fille et qu’il voulait savoir ce que j’en pensais. Je ne comprends toujours pas ce qu’il voulait de moi ni pourquoi il m’a fait tout ça.
    Quelques semaines après il m’a dit que en 4 ans de relation il avait été nul que deux fois mais que le reste du temps il avait été doux. Comme si ça excusait le reste.
    Bref je suis perdue. Il me manque mais je suis en colère contre lui. J’ai mal. Il s’est mis en couple avec la fille une semaine après m’avoir fait du mal et pour moi c’est un manque de respect total. Je me sens salie et trahie

    #14191 Répondre
    Venise
    Invité

    Bonjour Stéphanie,
    Quand une personne que l’on aime nous fait du mal, on a parfois du mal à comprendre ce qu’il se passe. Le cerveau cherche du sens, il veut comprendre ce qu’il s’est passé, pourquoi cette personne qui peut se montrer doux nous a quand même fait du mal. Tu cherches des réponses, et c’est parfaitement normal. Cependant, il faut parfois pouvoir accepter qu’il n’y ait pas de réponse au « pourquoi » ou que ces réponses ne valent pas la peine d’être cherchées. Accepter cela, c’est aussi accepter qu’on n’a rien fait qui justifie les violences qu’on a vécu, mais cela implique également qu’on accepte qu’on ne puisse pas toujours se protéger de la violence des autres, et que même les gens que l’on aime et en qui on place notre confiance sont en capacité de nous blesser. Ce qui est très difficile, c’est que tu prends conscience que cette personne que tu aimes, ne te porte pas le respect que tu espérais/méritais qu’elle te porte.

    Ce que je veux te dire, qu’il est important que tu entendes, c’est que ce n’est pas de ta faute, et que le manque de respect et les violences dont il est responsable ne retire rien à ta valeur.
    Le fait que tu sois en colère contre lui est bon signe, cela veut dire que tu as perçu que certaines limites avaient été franchies, que tu étais victime d’une injustice, et que tu te révoltes contre ça. C’est une manière de reprendre le pouvoir sur une situation qui te l’a ôté.

    Dans ton témoignage, on entend la colère, mais on entend aussi la confusion dans laquelle cette situation t’a plongé. La confusion est entretenue par cette question du pourquoi : « pourquoi a-t-il fait ça? » , « Qu’est ce que j’ai fait pour qu’il me traite ainsi ? ».
    Alors je te propose qu’on sorte de la question du pourquoi, et qu’on se pose plutôt la question du comment : « comment s’y est-il pris pour me violenter ? » « Comment s’arroge-t-il le droit de me violenter ? » « comment ça se fait-il que j’accepte/je pardonne ? »
    Car cette question du comment permet d’y voir plus clair sur ses mécanismes et sur la manière dont la violence s’infiltre dans votre relation, et mieux la détecter permet de mieux s’en protéger.

    – il a outrepassé ton non consentement lorsqu’il était exprimé de manière non verbal (détournement, éloignement…) et lorsqu’il était exprimé de manière verbal (tu as dit non à plusieurs reprises)
    – Il a minimisé ses comportements violents et se donne des excuses (« je ne suis qu’un homme », « je n’ai été violent que deux fois »…) pour dealer avec sa conscience, se défausser de sa responsabilité. C’est bien la preuve qu’il sait ce qu’il fait, mais qu’il ne l’assume pas (et donc qu’il ne changera pas car pour changer un comportement, il faut en prendre la responsabilité)
    – Il fait pression sur toi pour que tu cèdes face à ses demandes sexuelles

    Mais surtout, ce qui est le plus sournois, c’est qu’il utilise la pression d’une autre relation, pour que la peur de le perdre t’invite à céder face à ses demandes insistantes. Il utilise tes insécurités affectives comme levier pour pouvoir abuser de toi.
    Un des moments que je trouve le plus révélateur, c’est quand tu lui rapportes les propos du médecin, que tu lui signifies qu’il t’a violé et que tu pourrais porter plainte. Sa réaction à ce moment là, c’est de te parler de sa nouvelle relation. C’est une manière détournée de te menacer de le perdre. Si tu as peur de le perdre, alors tu seras plus à même de te soumettre et donc de ne pas lui porter préjudice. C’est de la manipulation.

    Je pense que tu le sais déjà, mais cette relation est très malsaine et violente. Même si tu ne l’exprimes pas dans ton texte, je peux supposer que tu ressens une forme de culpabilité du fait que tu es en couple par ailleurs et que cette culpabilité te fait supporter des choses dans cette relation que rien ne justifie que tu endures.
    Cette culpabilité et tes insécurités affectives sont un terreau dans lequel peut s’engouffrer des violences et surtout qui peuvent t’empêcher de te protéger comme il se doit. Je t’inviterais à te faire aider sur ces aspects-là car tu mérites le respect et tu mérites d’être aimée pour ce que tu es, avec les limites qui sont les tiennent, et que toi seule peut décider de faire bouger, sans subir de pression pour cela.

    Je t’envoie tout mon soutien, n’hésite pas à nous tenir au courant.

    #14193 Répondre
    Stephanie
    Invité

    Bonjour,

    Merci pour votre réponse. Depuis mon message, j’ai fait du chemin. Contacté le 3919 qui m’a envoyée vers une association grâce à laquelle je vois une psychologue. J’ai été guidée vers le collectif contre le viol, France victimes et une juriste afin de qualifier les faits qui me sont arrivés en vue de porter plainte.
    Je suis en train de réunir les preuves que j’ai et en le faisait, je me suis rendu compte que j’avais mis de côté d’autres violences qui sont graves également.
    C’est terrible parce qu’il me manque toujours par moment mais je suis en colère et triste. J’ai mal de me dire que je vais porter plainte contre une personne à qui je tiens, mais j’en ai besoin.

    Merci de m’avoir répondu

    #14195 Répondre
    Venise
    Invité

    Bonjour Stéphanie,
    Bravo d’avoir franchi toutes ces étapes.
    Prendre la décision de porter plainte n’est jamais simple.
    Il est important de se rappeler que porter plainte ne signifie pas condamner quelqu’un. C’est avant tout porter à la connaissance de la société (par le biais du système judiciaire) des agissements, des comportements qui vous ont fait du mal, qui ont porté atteinte à votre intégrité physique et psychique.

    Lorsque vous portez plainte, vous n’êtes pas en train de dire que la personne est coupable. Vous dites simplement que vous avez subi des comportements qui vous ont porté préjudice et dont vous vous estimez victime. Ensuite, c’est le rôle de la justice de qualifier les faits, d’évaluer les preuves, de déterminer ce qui peut être établi et quelles suites peuvent être données.
    C’est d’ailleurs important de l’avoir en tête car les condamnations sont rares. Si vous « espérez » une condamnation, vous risquez d’être déçue… Cela ne veut pas dire que porter plainte soit inutile pour autant, bien au contraire !

    Pour vous, cette démarche peut avoir une portée personnelle. Elle permet de mettre une distance avec ce qui s’est passé, de reconnaître que ces comportements dont vous avez été victime ne sont pas acceptables et de sortir de la honte.

    Par ailleurs, en rendant visibles à la société (et à l’auteur des violences) ces comportements problématiques, vous contribuez également à leur régulation.
    La démarche judiciaire peut participer à ce que la honte change de camp.
    Et la honte est une émotion qui joue un rôle très important dans la régulation des comportements sociaux : elle ne devrait pas peser sur la personne qui parle et qui dénonce ce qu’elle a vécu. Elle devrait incomber à celui qui a adopté des comportements violents ou inacceptables, pour qu’il ne recommence pas. elle a sa place du côté de l’auteur des faits, pas de la victime. Car ce qui doit être remis en question, ce sont les comportements violents, et non le fait de prendre la parole pour raconter ce que l’on a vécu.

    Donc merci à vous de réaliser cette démarche car cela participe à ce changement de société dont nous avons toutes besoin pour ne plus être victimes de la violence des hommes.
    Merci pour votre courage,

    #14199 Répondre
    Stephanie
    Invité

    Bonjour, merci à vous aussi.

    La plainte, je vais la déposer en me doutant qu’il y aura un classement sans suite. Mais déjà, effectivement, pour que la honte change de camp, essayer de me reconstruire. Et avec un espoir derrière ça que ça le fera réfléchir et qu’il ne recommencera pas pour les suivantes. Même si honnêtement, j’en doute car la remise en question n’est pas donnée a tout le monde. Puis le fait de savoir que c’est presque en toute impunité avec la justice….ça n’aide pas. Mais je l’aurais fait pour moi et surtout pour ma fille qui voit sa maman triste.

5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
Répondre à : Agressions sexuelles
Vos informations :