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Venise Psy’Script, le il y a 1 mois et 1 semaine.
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Violences psychologiques
InvitéBonjour,
Je suis mariée depuis plusieurs années, avec deux enfants.
Depuis environ 3 ans, la relation avec mon mari s’est profondément dégradée et est devenue instable, insécurisante et épuisante psychologiquement.
Mon mari présente des problèmes de consommation (alcool principalement, avec des soupçons récurrents de drogues). Il a déjà reconnu certaines consommations, puis les a niées, minimisées ou cachées, ce qui a entraîné une perte totale de confiance. Les mensonges sont fréquents, même face à des faits concrets (canettes retrouvées, dépenses répétées, odeur d’alcool, témoignages).
Son comportement est marqué par :
des crises de colère
des insultes
des menaces verbales
une forte agressivité verbale
une absence totale de remise en question
Pour lui, son comportement est “normal” et c’est moi qui “en fais trop”.
À plusieurs reprises, les enfants ont été exposés à ces scènes. Ils ont manifesté de la peur, du mal-être, et ont déjà exprimé ne plus vouloir être confrontés à lui dans ces moments-là.
Un point particulièrement traumatisant pour moi concerne la voiture :
Mon mari a utilisé la conduite comme moyen de pression ou d’intimidation (conduite dangereuse lors de conflits, refus de me laisser conduire). Cela m’a provoqué un véritable traumatisme, au point que je fais aujourd’hui des crises d’angoisse ou des malaises lors des trajets. Je ne me sens plus du tout en sécurité avec lui en voiture.
Malgré des périodes d’accalmie, les rechutes sont systématiques :
reprise de l’alcool
dépenses impulsives
sorties nocturnes
minimisation le lendemain
reprise d’un quotidien “comme si de rien n’était”
Il a suivi un traitement antidépresseur qu’il a arrêté de lui-même, estimant ne pas avoir de problème. Toute tentative de dialogue se solde par de la fuite, de l’agacement ou du déni.
De mon côté, je suis nerveusement épuisée.
Je vis en hypervigilance permanente, j’anticipe ses réactions, je surveille ses consommations, j’ai peur des crises. Mon corps a commencé à lâcher : malaises, tremblements, épuisement extrême, troubles du sommeil. Je suis suivie médicalement et sous traitement anxiolytique/antidépresseur.
J’ai plusieurs fois exprimé vouloir divorcer, mais il fait comme si rien n’avait été dit, continue à faire des projets communs et refuse d’affronter la réalité. Cela me place dans une position de blocage et de grande détresse.
Aujourd’hui, même si une partie de moi l’aime encore, je ressens surtout :
de la lassitude
de la peur
une absence totale de sécurité
la certitude que je ne peux plus continuer ainsi, pour moi et pour mes enfants
Je sais quelles décisions seraient nécessaires, mais je suis à bout de forces, traumatisée, et j’avance difficilement, étape par étape.
Je n’arrive pas encore à imposer le divorce d’autant plus que nous avons une maison en travaux et que nous travaillons dans la même société, ce qui ne facilite rien.
Certains ou certaines se retrouvent ils dans mes écrits ? Avez vous réussi à vous en sortir? Je compte sur vos témoignages. MerciVenise Psy’Script
Maître des clésBonjour,
Je suis sûre que beaucoup de femmes se retrouvent dans ton récit et j’espère que tu obtiendras les témoignages que tu espères. La vie d’un forum fait que parfois, il faut du temps avant que des femmes voient ton message et n’y répondent.
En attendant, je souhaitais te faire une réponse qui, certes, ne sera pas un témoignage comme attendu, mais qui t’apportera du soutien dans les changements que tu souhaites engager pour toi et pour tes enfants.
Je perçois bien, dans ton message, que tu es à bout et que tu aimerais que les choses changent. Je perçois également que tu ne t’attends plus à ce que lui change, et pour cela je souhaite déjà te féliciter. En effet, la désillusion est la première marche vers l’action. Croire qu’il changera, c’est se maintenir dans une forme d’attente que les changements dont tu as besoin, viendrons de quelqu’un d’autre que toi. Tu es sortie de cette croyance et tu mesures la charge que cela va représenter de le quitter, d’autant plus qu’il ne facilite en rien l’affaire en étant dans le déni quand tu lui exprimes ton souhait de divorcer.
Si tu ne peux attendre de lui qu’il t’aide dans cette décision, cela ne veut pas dire que tu seras seule pour l’assumer. Un divorce unilatéral est possible en France, tu devras sans doute passer par un.e avocat.e spécialisé.e en droit de la famille pour cela. Tu peux prendre attache avec le CIDFF de ton département qui sauront sûrement t’informer et t’orienter sur ces démarches.
Tu peux également te faire accompagner pour tenir le coup psychologiquement. En effet, ces démarches sont épuisantes, tu rencontres certains blocages à les engager, un.e psychologue peut t’aider à lever ce type de blocage et à te sentir soutenue et moins seule dans le parcours que tu entreprends.
Garde en tête que gravir une montagne, ça se fait un pas après l’autre.
Ta première étape c’est déjà de prendre des renseignements. Cela n’implique aucune décision pour le moment, simplement cela t’aidera à lever les blocages qui sont liés à la peur de l’inconnu, la peur du grand plongeon. Prends contact avec ton CIDFF, expose ta situation et demande les informations. Tu peux également prendre contact avec ta banque si vous avez un prêt pour votre maison, pour demander quelles sont les possibilités qui existent pour mettre en suspens les paiements des traites en cas de divorce contentieux.
Si tu as des difficultés à avoir accès à tes finances (salaire versé sur un compte commun par exemple), il existe également des banques comme le crédit mutuel, qui ont une offre spécialement conçue pour les femmes victimes de violences conjugales (comme les violences psychologiques ou économiques par exemple) pour te permettre d’avoir facilement et discrètement un compte bancaire qui te permettra de faciliter l’organisation de ton départ. Ils ont un service spécial avec des personnes formées pour pouvoir te guider au mieux.
Aujourd’hui, cette séparation te paraît impossible, et c’est normal. C’est la peur qui te fige. Quand on est dans cet état, il faut se remettre en mouvement, un pas après l’autre. La première chose à faire c’est de trouver de l’information pour avoir moins peur. Bien sûr le chemin sera long et difficile, mais il n’est pas impossible ! De nombreuses femmes l’ont entrepris, et sont soulagées de l’avoir fait. J’espère que tu as un entourage qui peut te soutenir et t’encourager dans tes démarches. N’hésite pas à demander de l’aide !
Avec tout mon soutient,
Venise -
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