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Psy Script

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2 sujets de 1 à 2 (sur un total de 2)
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    Messages
  • #14205 Répondre
    Anonyme
    Invité

    Bonjour, je ne souhaite pas dire mon prénom alors disons que je m’appelle Anonyme. J’ai 18 ans et quand j’avais 16 ans j’ai beaucoup « vrillé » et je me suis mis à parler à énormément de garçon. Je me sentais mal dans ma peau et voulais me sentir aimé. En décembre 2024, j’ai rencontré un garçon plus âgé que moi de deux ans (j’avais 16 ans et lui 18), il ne me plaisait pas vraiment mais j’ai voulu essayer de passer au dessus de tout ce qui me dérangeait. Malgré le fait que j’étais sexualisée constamment par lui, rien ne m’a alerté plus que ça même si ça me mettais mal à l’aise comme situation. Jusqu’ici nous nous parlions uniquement par téléphone et j’ai décidé de le rencontrer, chez moi, dans un endroit où je suis sensée me sentir en sécurité. J’ai accepté de coucher avec lui dès le premier soir, je l’ai regretté instantanément. Un ou deux jours plus tard, je ne sais plus, nous avons eu l’idée de prendre de la drogue synthétique sous forme de goût de cigarette électronique, je n’avais jamais touché à aucune drogue quelle quel soit, je me suis endormie très rapidement suite à la prise de ce produit. Le lendemain matin, alors que je dormais, étant assommée par la fatigue et par la « drogue », je n’étais pas réellement maître de moi-même et c’est à ce moment là que j’ai senti sa main me toucher l’entre-jambe de manière insistante. J’ai repoussé sa main sans rien dire, je n’ai pas dis « non », je n’ai pas exprimé une quelconque forme de négation par la parole. Il a arrêté à la suite de mon geste. Je me suis dis, et me dis encore que c’était de ma faute, que je n’aurais pas dû coucher avec lui le premier soir, que je n’aurais pas dû prendre ce produit, que je n’aurais pas dû mettre ce short pour dormir. Je ne me sens pas légitime et ne sais pas comment qualifier cet acte, pour moi le mot agression n’est pas légitime car il a arrêté quand je l’ai repoussé, mais je me dis que je dormais et qu’il savait que j’étais sous substances.
    A la suite de ça, j’ai décidé d’arrêter de lui parler et de le sortir de ma vie, je ne voulais plus entendre parler de lui et je ne voulais plus le voir, mais un jour alors que j’étais chez ma copine j’ai reçu un message de lui disant « je t’ai fais une surprise », en rentrant chez moi, j’ai vu qu’il m’avait acheté des cadeaux et qu’il avait eu le culot de venir chez moi, j’avais l’impression qu’il tentait de m’acheter, je lui ai envoyé un message et lui ait expliqué ce qu’il m’avait fait et il m’a dit que ce n’était rien et qu’il voulait pas me faire de mal. Je ne me souviens pas vraiment de la suite mais je sais que j’ai été dans le déni très longtemps de cette situation jusqu’à ce que je rencontre mon copain actuel qui m’aide à surmonter ça de la meilleure manière possible. Ce garçon a d’ailleurs eu un échange avec mon copain, et je me souviens d’un message qui m’a marqué : « à cause d’elle je suis tombée en dépression, je suis sous traitement pour l’anxiété et j’ai perdu 15kg ». A ce moment là j’ai culpabilisé comme si c’était moi qui avait commis le geste qu’il m’a fait, je me suis sentie comme un monstre et je ne sais toujours pas quoi en penser à ce jour.
    Je n’avais plus entendu parler de lui pendant environ un an, et ne l’avait pas revu depuis ce fameux geste. Hier alors que j’étais avec mon copain et une amie à moi à une fête de village, je l’ai recroisé, il avait l’air d’aller parfaitement bien, il ne semblait pas avoir perdu 15kg et ne semblait pas anxieux pour autant. Quand je l’ai vu mon corps s’est figé, j’ai eu envie de vomir et de pleurer, j’avais les jambes qui tremblaient et le cœur qui battait très fort. J’ai d’ailleurs pleurer en rentrant chez mon copain (qui a tout fait pour me consoler), je me revoyais dans ma chambre ce jour-là dans mon short à carreaux rose avec sa main sur mon entre-jambe, je me sentais tout aussi vulnérable que ce jour-là.
    Et aujourd’hui, tout les efforts que j’ai fais, je les remets tous en cause, je recommence à penser uniquement qu’à ce qu’il m’a fait même si je suis incapable de mettre un mot/nom sur ce qu’il a fait.

    #14231 Répondre
    Venise Psy’Script
    Maître des clés

    Bonjour Anonyme,

    Merci d’avoir pris le temps de raconter ce que vous avez vécu. Je voudrais commencer par un point qui me semble essentiel dans votre message : vous n’avez pas besoin d’avoir prononcé le mot « non » pour qu’un geste sexuel soit non consenti.

    Vous étiez endormie et sous l’effet d’une substance lorsque ce garçon a commencé à vous toucher sexuellement. Vous n’étiez donc pas en situation de lui donner votre accord à ce moment-là. Lorsque vous avez repris suffisamment conscience de ce qui se passait, vous avez repoussé sa main et il s’est arrêté. Le fait qu’il se soit arrêté à ce moment-là ne rend pas pour autant légitimes les gestes qu’il avait déjà effectués pendant votre sommeil.

    Le fait d’avoir accepté une relation sexuelle avec lui auparavant ne constitue pas davantage un consentement pour les fois suivantes. Consentir une fois ne signifie jamais consentir à l’avance à d’autres actes sexuels.

    Et surtout, rien de ce que vous énumérez ne vous rend responsable de ce geste : avoir accepté qu’il vienne chez vous, avoir couché avec lui le premier soir, avoir consommé un produit ou avoir porté un short pour dormir. Aucune tenue, aucune consommation de substance et aucune relation sexuelle antérieure ne donnent à quelqu’un l’autorisation de toucher sexuellement une personne endormie.

    Vous vous demandez si vous êtes « légitime » à parler d’agression. Au regard de ce que vous décrivez, il est tout à fait légitime de considérer que vous avez subi un acte sexuel sans votre consentement. La qualification juridique précise dépend du droit applicable et des circonstances et, si vous souhaitez l’explorer, un professionnel ou une association spécialisée pourra vous renseigner. Mais vous n’avez pas besoin d’obtenir une qualification juridique pour reconnaître que votre limite a été franchie et que cet événement vous a fait du mal.

    Il y a également une autre culpabilité dans votre récit : celle que vous avez ressentie lorsqu’il vous a dit être tombé en dépression, avoir perdu du poids et prendre un traitement « à cause de vous ». Qu’il ait réellement traversé ces difficultés ou non, vous n’êtes pas responsable de son état psychologique parce que vous avez décidé de mettre fin à une relation ou parce que vous lui avez dit que son comportement vous avait fait du mal. Sa souffrance éventuelle n’annule pas la vôtre et ne transforme pas les responsabilités.

    Enfin, votre réaction lorsque vous l’avez revu mérite d’être entendue. Vous décrivez votre corps qui se fige, les tremblements, les nausées, le cœur qui s’accélère, les pleurs, puis le souvenir très précis de votre chambre et de ce qui s’y est passé. Revoir quelqu’un associé à un événement vécu comme menaçant ou traumatique peut réactiver très brutalement les émotions et sensations liées à cet événement. Cela ne signifie pas que tous les efforts que vous avez faits pendant cette année ont disparu. Une réactivation n’est pas un retour à zéro.

    Votre copain semble aujourd’hui être un soutien important pour vous, et c’est précieux. Mais ce que vous racontez continue manifestement à vous faire souffrir. Si ces souvenirs, les réactions physiques ou la culpabilité restent très présents, vous pourriez aussi envisager d’en parler avec un psychologue ou une structure spécialisée dans les violences sexuelles. Vous n’avez pas à attendre que cela devienne « suffisamment grave », ni à être certaine du mot à employer, pour demander de l’aide.

    Et peut-être pouvez-vous commencer par garder cette idée : vous pouvez regretter certaines décisions prises à 16 ans sans être responsable de ce qu’une autre personne a décidé de faire de votre corps pendant que vous dormiez.

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